DIEU EST MORT assassiné par les Francs-maçons

A partir de quarante ans, on a la gueule qu'on mérite

Regardez-bien chacun des membres de votre Loge et jurez moi la main sur cœur que vous seriez devenus amis avec tous ces gens là, du moins si la Loge n'avait pas fait le travail de présélection ?

Allons, allons, un peu d'honnêteté ! Nous nous retrouvons dans un espace fermé avec des caractères différents que nous n'avons pas choisi et c'est cela qui est à la fois la solution et le problème de notre voie initiatique. Je vais partager avec vous mon avis sur la question, mais permettez-moi avant de vous dire comment cette idée d'article m'est venue.

J'étais en Loge il y a quelques heures, comme orateur occasionnel. Je me suis retrouvé à quelques mètres de deux espèces de harpies en tablier qui me lançaient avec leurs yeux des éclairs et qui trépignaient sur leur chaise sans que je comprenne très bien ce qui pouvait déclencher chez elle autant d'animosité contre moi ? Bon... Il faut dire que j'étais en campagne électorale et je n'étais pas leur gourou préféré. Mais cela n'explique pas tout. Comment peut-on arriver à autant de manifestation haineuse dans un Temple maçonnique après des décennies de pratique ?

Lorsque j'y repense, je souris de bon cœur, car tout cela n'est qu'un jeu sans conséquence auquel nous nous prêtons tous. Avouons que nous ne risquons pas notre vie ou la santé de nos proches. Nous parlons là de position dans un Temple et de fonctions symboliques quelques heures par mois. Or là ! J'avais sous les yeux 4 sœurs d'une même Loge. Les 2 jeunes me regardaient avec douceurs et fraternité, les 2 moins jeunes (le fraternellement correct reste de mise), me fusillaient du regard comme si j'avais égorgé leur chat.

Je me suis alors dit : « Tout ce travail, tout cet investissement personnel en Loge, pour en arriver à un tel niveau d'acariâtreté, que gâchis. A quel moment le train a-t'il déraillé pour elles ? » Accessoirement, je me suis inquiété aussi pour les 2 jeunes sœurs qui vont forcément souffrir de l’influence de leurs aînées avec leur contact nocif.

Il me semble que la première étape du travail initiatique est de comprendre qu'on ne ressortira pas vivant de la vie et qu'il faut la prendre sans trop de sérieux.

Le deuxième point, tel que le disait Edgar Degas « A partir de quarante ans, on a la gueule qu'on mérite ». D'où l'intérêt de cultiver le bonheur intérieur qui se voit à l'extérieur.

Le troisième point et pas des moindres, nous n'entrons pas en Loge pour nous planquer des dangers ou des agressions du monde extérieur. Au contraire, celles et ceux qui se réfugient dans des Ateliers mono esprits, tellement on a éliminé les différences, finissent par ressembler à ce qu’ils essaient de fuir. Ces Loges deviennent l'enfer des acariâtres, qu'on lit d'ailleurs sur leurs visages agressifs ou désabusés. Cela existe autant chez les hommes que les femmes. Toutes les Obédiences et tous les Rites en possèdent des échantillons pour nous servir de miroir.

Vous connaissez peut-être ce vieux conte Cherokee :

Un vieil homme veut apprendre à son petit-fils ce qu'est la vie.

"En chacun de nous, il y a un combat intérieur" dit-il au jeune garçon. "C'est un combat jusqu'à la mort et il se tient entre deux loups."

"Le premier est ténébreux. Il est la colère, l'envie, le chagrin, le regret, l'avidité, l'arrogance, l'apitoiement sur soi-même, la culpabilité, le ressentiment, l'infériorité, la supériorité, les mensonges, la fausse fierté et l'égo."

"Le second est lumineux. Il est la joie, la paix, l'amour, l'espoir, la sérénité, l'humilité, la gentillesse, la bienveillance, l'empathie, la générosité, la vérité, la compassion et la foi."

Le petit-fils réfléchit pendant un long moment. Puis, il demande à son grand-père : "Quel est le loup qui gagne ?"

Le vieil homme sourit et lui répond : "Celui que tu nourris."

 

Je crois très fermement que chaque être est en mesure de cultiver le meilleur comme le pire de lui même. Son libre arbitre ou sa pleine conscience lui donne l'orientation choisie. Il n'existe aucune circonstance atténuante selon moi. Tout ce qui arrive n'est qu'expérience neutre pour grandir et trouver la Lumière. C'est pourquoi, il n'existe pas de Loge ou d'Obédience parfaite, il n'existe que des moments, des situations si vous préférez. Ensuite, les maçons choisissent individuellement de travailler sur la Lumière ou de laisser les Ténèbres gagner la bataille. Si tout était plat, comment pourrions-nous apprécier les monts et les vallées ? Il en est de même dans la Loge, c'est par la nuance de la manifestation des vertus ou des vices qu'on peut savourer la progression du travail maçonnique.

C'est d'ailleurs pourquoi, je ne vous affirmerai certainement pas que j'ai trouvé très agréable la proximité des 2 harpies dont je vous parlais plus haut. Cependant, je peux vous assurer que je leur manifeste ma totale gratitude. C'est en effet grâce à elles et toutes leurs congénères que je progresse. Si je ne suis encore certain de ma direction finale, je sais où je n'ai surtout pas envie d'aller. Tel que l'enseignait un ami très sage: « Une boussole qui montre le sud est très utile, car même si ce n'est pas la bonne fonction, elle te permet de situer les choix profonds de ton cœur ».

Comme quoi, si tout est symbole en Loge, tout est aussi très formateur... il reste à être attentif et surtout, Maître de ses passions.